Humeur

A comme…

Image slogan "we can do it !"

Appréhension, Apeurée, Anéantie..

Sais-tu que dans la phase poste partum le plus difficile n’est absolument pas ce que tu crois ?!

C’était une évidence, je l’avais sentie venir, je l’avais redoutée, j’avais prévenue ma propre conscience des risques que cela entraînerai si je la repoussai encore, et encore.. Et puis j’ai pris le temps, de me préparer, oui et non, de le préparer, oui et ..non, de faire face aux difficultés, pas vraiment, à la peur, pas du tout.

En prévision j’ai entrepris un sevrage petit à petit il y a 2 mois environ, pour ce faire j’ai acheté un lait en poudre, en cherchant celui qui ne contiendrait pas d’huile de palme parce que ça me dérange, enfin c’est surtout le fait de devoir sacrifier la meilleur chose que j’ai à lui offrir, au profit d’une ..poudre, c’était sans compter les petites vaches dessinées dessus comme pour me rappeler que c’est moi qui vole le lait destiné à leurs veaux. A contre cœur j’avais donc choisi fin décembre de réduire les tétées pour arriver à un rythme de une tétée matin et soir et le reste du temps continuer de l’allaiter.

Tu sais l’allaitement « mixte » , cette fumisterie ! Quand tu es un minimum informée sur l’allaitement tu sais que ça ne peut pas marcher, que ça ne fonctionne pas ! Je n’arrivai pas à tirer suffisamment de lait pour en stocker assez ;( j’ai passer des jours, nuits entières à réfléchir , à comment je pourrai y arriver, je prenais des tisanes plusieurs fois par jour, je tirais mon lait toutes les 3h, je mangeais du fenouil, des amandes, parfois vers minuit ou de très bonne heure le matin je tirais encore du lait quand il y en avait beaucoup pour en avoir encore un maximum.. Il n ‘y en avait pas assez, et ça ne suffirai pas, pas avec des horaires pareils, pas sans devoir le faire sur mon potentiel lieu de travail. Sauf que je ne me voyais pas annoncer à un entretien « il me faudra du temps pour tirer mon lait, ici, et un endroit au calme » bien sur qu’il y a une loi pour ça, mais entre la loi et la réalité de la vie… une heure, non rémunérée..une heure avec un tire lait en coulisses avec une photo de bébé, pendant que devant les clients attendent au comptoir pour se faire servir.


Il y a donc deux tétées, une le matin et une le soir qui sont là pour le plaisir puisque mon corps ne peut réadapter le lait selon le besoin de mon bébé, il n’a donc pas ce dont il a besoin et ces deux tétées se sont donc cumulées avec les biberons, ce qui m’a valu d’être jugée, comme si je gavais mon fils, comme si je m’écoutais juste pour me faire plaisir ou lui faire plaisir, non. Tu vois quand tu allaites lorsque ton enfant grandi ses besoin changent c’est alors que son corps envoie un message au tiens, pour produire un lait réadapté à sa croissance ça s’appelle la « poussée de croissance », je t’apprend. Traduire par phase de quelques jours durant lesquels tu vas passer ton temps à allaiter ton enfant pour que le message soit transmis à ta production de lait en gros. Et ça hé bien quand tu fais un allaitement mixte nada, ça n’a pas de sens, d’un côté il y a une stimulation minime, de l’autre quelques biberons de lait en poudre et là ton bébé doit s’adapter, ton corps lui il peut difficilement, du coup au début tu souffres. Engorgement, picotements constants, jusqu’à ce que ça disparaisse, que la quantité de lait diminue, fini les coussinets ?! Même la nuit, si je t’assures c’est terminé y a plus besoin, les raisins secs, ça flotte au balcon, terminé.

Ensuite il y a la préparation mentale, celle-ci j’ai essayé de la faire, j’essaye encore. Oublier que je l’abandonne et me faire à l’idée que c’est bien. De.. travailler, oui c’est là ou je veux en venir, tu l’as compris. La reprise du travail, cette « obligation », cette banale responsabilité, corvée, nécessité, contrainte…

Pour cette préparation il y a une vraie bataille à livrer : entre les principes, mes envies, mes obligations et les autres. Notre société a évolué et c’est une bonne chose que l’égalité homme/femme s’améliore, hors et ce que je vais dire je me souviens quand j’ai entendu mon père en parler celui ci m’avait choqué, maintenant c’est devenue ma façon de penser à moi aussi ; l’égalité est telle qu’il faut maintenant deux salaires pour arriver à vivre, sur ce point là on a fait une connerie.

On devrait pouvoir faire le choix, car nous ne l’avons plus, si on veut réussir sa carrière professionnelle il faut oublier la vie de famille car là l’égalité n’existe pas, tu es enceinte dis adieu à ton poste, les promotions, les primes, t’es punie. Et si tu choisi la vie familiale alors adieu salaire convenable, s’offre à toi quelques aides qui s’amenuiseront pour ensuite disparaître et si ton conjoint n’est pas ministre, ça peut devenir précaire comme situation, c’est un sacrifice.

Bref, on ne fait pas toujours comme on veut, et ça, être parent te le rappelle vraiment. Durant ma grossesse j’ai pris la décision que j’allaiterai si je peux jusqu’aux 6 mois de mon futur bébé et dans mon idéal j’aurai même voulu aller plus loin, j’ai aussi chérie la volonté de choisir comme éducation le maternage proximal (quézaco? Portage, cododo etc.. j’aurais l’occasion d’y revenir dans un article si l’envie te prend d’en savoir plus) et ça fonctionne sauf que j’ai adopté certaines choses et d’autres pas,y a aussi la bienveillance et l’éducation positive qui sont dans les choix qui me tiennent à cœur, pour l’appliquer on verra: on en reparle dans quelques temps..

Tout ça pour te dire que tu veux des choses, tu tires des plans, tu veux faire le maximum, le meilleur, mieux que.. mais t’échoue, puisque la vie ne peut te le permettre vraiment. Mais faut essayer, gardes bien ça en tête, n’abandonne pas avant d’avoir essayer au maximum et n’écoute pas les autres, n’écoute que ton cœur c’est ça la vraie règle, la seule qu’une mère doit suivre.!

Cette petite mise à plat de mes angoisses de jeune maman, de mon monstrueux stress à l’idée de dire au revoir à ma merveilleuse routine avec mon fils et mon amoureux m’a fait un peu de bien, je voudrais lui dire que je ne l’oublie pas, le soir j’ai envie de lui expliquer que je ne pense pas qu’à ma petite personnes qui a peur. Une peur surmontable, que beaucoup d’autres femmes connaissent, et j’en connaît aucune qui y a succomber, lui en revanche il doit se battre contre une saloperie, subir encore une opération, sans savoir si ce sera la dernière.. je ne trouve pas le moyen de l’aider, les mots pour le rassurer, mais je pense à lui et c’est aussi pour ça que cet article sera publié à une heure pas possible, je les aimes tellement lui et notre petit père..

 

 

 

 

 

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